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Les Arts trompeurs
Machines, Magie, Médias

Catalogage du fonds d'Archives de l'IMEB
Contrat IGR de Caroline Renouard

Par Caroline Renouard

I. Spécificités de l’IMEB et de son fonds d’archives :

 

Intitulé Groupe de musique expérimentale de Bourges (GMEB) jusqu’en 1994, l’Institut International de Musique Électroacoustique de Bourges (IMEB) a été créé en 1970, par les compositeurs Françoise Barrière et Christian Clozier qui en ont assuré la direction. Il fut labellisé « Centre National de Création Musicale » en 1997, avant sa disparition en 2011 pour cause de réduction et annulation de subventions de fonctionnement du ministère de la Culture. Pendant 40 ans, l’Institut de Bourges a été l'un des principaux et des plus actifs centres de création musicale, et sa notoriété a été – et est toujours – largement reconnue internationalement. Cette renommée internationale s’est rapidement construite grâce à des évènements annuels ou réguliers : 

 - Le festival annuel Synthèse, a ainsi permis de présenter, entre 1971 et 2009, une sélection singulière de la création électroacoustique mondiale. Les films et vidéos expérimentaux se trouvaient aussi au cœur du festival, puisque chaque année des projections accompagnaient les diffusions sonores et musicales. Entre 1971 et 2009, 439 projections ont ainsi eu lieu ;

- Le concours de composition (concours international de musique électroacoustique de Bourges) qui, dès sa création en 1973, s’est complexifié au fil des années pour atteindre, lors de ses dernières années, plus de 600 candidats et une quinzaine d’œuvres primées par an, dans des catégories et des genres allant de l’esthétique formelle, à l’art sonore électroacoustique, à l’installation ou l’environnement vidéo, au multimédia, au net-art, à la danse ou au théâtre… Entre 1973 et 2007, 773 œuvres ont été primées.

- Des résidences ;

- Des commandes ;

- Des tournées françaises et internationales ;

- Des symposiums et colloques ;

- De l’édition musicale ;

- Les formations dans les écoles et des stages pour amateurs ;

- Etc.

 

L’Institut a été un lieu de production organisé autour de plusieurs studios présentant des orientations de créations sonores et musicales très spécifiques. Des prototypes expérimentaux de contrôle, de spatialisation ou de synthèse analogique et numérique ont notamment été réalisés, sous forme de machines, qui étaient associées aux studios d’enregistrement :

 

- Citons notamment le Gmebaphone, initialement caractérisé par une distribution spectrale fractionnée du signal sonore sur un grand ensemble de haut-parleurs, contrôlé à l’aide d’une console de diffusion. Plusieurs versions du système original de diffusion ont été réalisées en fonction des évolutions technologiques, dont la dernière entièrement numérique. 

- L’Institut a par ailleurs développé une activité pédagogique originale à destination des jeunes enfants : le « Gmebogosse », imaginé par Christian Clozier, était notamment fondé sur l’emploi de lecteurs-enregistreurs de cassettes.

 

Les 40 années de fonctionnement de l’IMEB et de ses nombreuses d’activités en interne ou à l’international ont été précieusement conservés par les deux directeurs de l’institut : Françoise Barrière et Christian Clozier. Ces derniers ont surtout souhaité mettre en avant dans la « mémoire » de l’institut toutes les musiques et les compositeurs qui ont été primés aux concours, qui ont été présentés lors des festivals Synthèse, qui ont (été) enregistré(e)s dans les studios de l’IMEB ou simplement qui ont marqué, à leurs yeux (et leurs oreilles) l’histoire de la musique électroacoustique entre le début des années 70 et le début des années 2000. Le fonds IMEB est donc majoritairement composé d’enregistrements, de documentation et parfois de partitions d’œuvres ayant été composées et créées dans d’autres studios de l’IMEB, mais qui ont marqué l’IMEB lors de passage pendant les Concours Internationaux ou les festivals Synthèses. 

 

Ce fonds composite étant partagé entre le Département de l’Audiovisuel et le Département de la Musique, le principal objectif de traitement et de valorisation du fonds par le département de l’audiovisuel de la BnF est de pérenniser et de communiquer les œuvres numérisées présentes dans 4 phonothèques, rassemblées notamment sous forme de « capsules » (mêlant numérisation des musiques et documentation) par leurs mises à disposition aux chercheurs, musicologues, enseignants sur des postes de la BnF (département de l’audiovisuel, rez-de-jardin, salle P et département de la musique). 

 

Le département de la musique s’emploie au traitement et à la valorisation du fonds d’archives papier – et notamment les partitions de musiques mixtes et les compositions présentées aux Concours Internationaux. Dans le cadre du projet « Les Arts Trompeurs », ce sont sur ces archives que les tâches du contrat d’ingénieur, ont été plus spécifiquement axées.

 

Ce patrimoine unique de partitions de musiques mixtes permet d’interroger la musique électroacoustique en son fondement et sa vocation, au regard d’un monde sonore extra-ordinaire qu’elle a su créer. Elle rompt non seulement avec l’instrumentarium traditionnel, mais aussi avec une manière de penser, d’inventer et de percevoir, que l’institut de Bourges n’a eu de cesse à chercher à développer et à affiner, afin de créer des images, des structures, des projections sonores via des machines et des outils technologiques novateurs.

En mettant en lumière l’expérience de nouvelles formes de sonorisation de spectacle, l’étude de la musique électroacoustique et des pièces hybrides mêlant analogique et numérique permet d’identifier de nombreux effets de « trompe-l’oreille », de mise en espace de musiques et de sons jouant sur une perception troublée des sens auditifs et visuels. 

 

II. Mise en place et prérogative du contrat d’ingénieur de recherche sur le fonds de l’IMEB

 

La mise en place de ce contrat de recherche a commencé dès décembre 2014 : plusieurs réunions ont eu lieu à la BnF (département de la musique à Louvois et département de l’audiovisuel à Tolbiac), à l’initiative de Giusy Pisano et Geneviève Mathon, mais aussi de David Lauffer (doctorant associé à la BnF) et de Catherine Vallet-Collot (Conservation et communication, Département de la musique – BnF).

 

Il a été convenu entre les responsables du projet de recherche « Arts trompeurs » du Labex Arts-H2H et la BnF (Catherine Vallet-Collot) que le contrat d’ingénieur de recherche porterait sur : 

- Clarification des problèmes de compréhension autour de la création du fonds IMEB et ses différentes archives : sons/musiques, photo, vidéo, multimédia et papier ;

- Compréhension et organisation des échanges de fichiers numériques entre l’IMEB (Françoise Barrière/Christian Clozier) et la BnF, entre 2011 et 2013 ;

- Installation, recension et évaluation des archives papier du fonds de l’IMEB lors du transfert entre Tolbiac et le département de la musique ;

- Inventaire et cotation des partitions de musiques mixtes ;

- Coordination des travaux de recherche des chercheurs associés, sous la direction scientifique de Geneviève Mathon.

 

III. Particularités des partitions de musiques mixtes

 

Travailler sur les partitions de musiques mixtes permet d’interroger des œuvres qui se situent dans un entre-deux perceptif, entre une compréhension directe de la musique instrumentale jouée par un instrumentiste sur scène (nous voyons ce que nous entendons), et la musique électroacoustique ou acousmatique qui ne crée plus de rapport perceptif entre la vue et l’écoute, sortant donc le spectateur du mode d’interprétation auquel il a été habitué avec la musique traditionnelle instrumentale. 

Une illusion sonore nait de la musique mixte, qui conserve un lien avec le mode d’exécution traditionnel, permettant d’identifier la source, et des machines qui créent une diversion dans cette identification.

 

IV. Traitement et valorisation du fonds – février à juin 2015

 

1/ Présentation et spécificités du fonds d’archives de l’IMEB et des différentes phonothèques 

 

- Recension et étude du DVD de données fourni par Christian Clozier, présentant environ 80 documents, dont un tableau .pdf de 1486 pages ;

- Recension et étude d'une dizaine d'échanges mails entre Françoise Barrière et plusieurs membres de la BnF, ainsi que les fichiers électroniques qui étaient joints aux messages (environ 30 documents différents, principalement des listes .xls et des récapitulatifs en .doc) ;

- Rédaction d’une synthèse historique de 13 pages revenant sur la constitution et l’organisation interne du fonds de l’IMEB et des différents dépôts à la BnF.

 

Cette première étape a permis d’élucider plusieurs problèmes alors présentés par David Lauffer et la BnF, notamment concernant les dénominations des phonothèques, la constitution des capsules et la numérisation des musiques. 

 

2/ Préparation à l’accueil des 100 cartons d’archives, transfert et recension des 436 boîtes

 

- Étude et croisement des différentes listes Excel envoyées par Françoise Barrière et Christian Clozier en 2011 (environ une douzaine de documents différents, dont 4 listes de référence), avec la liste établie par Catherine Vallet-Collot des cartons présents à Tolbiac en 2014 ;

- Établissement d’une première liste complète de 100 cartons d’archives ;

- Organisation virtuelle du fonds par catégorie et chronologie ;

- Publipostage et préparation des fantômes nécessaires à l’installation des boîtes d’archives dans le magasin dédié ;

- Réception des cartons et installation des boîtes avec Catherine Vallet-Collot, deux manutentionnaires et deux magasiniers ;

- Organisation physique du fonds : les 100 cartons vidés ont présenté un ensemble de 436 boîtes et 3 cartons de partitions (environ 70 partitions par cartons), correspondant à un rayonnage de plus de 70 mètres linéaires. 

- Recension et identification du contenu des 436 boîtes, à laquelle s’ajoutent  60 boîtes de partitions déjà en place (premier dépôt en 2011).

- Installation de l’accès aux capsules sur le poste de travail et observation générale (environ 6000 dossiers d’œuvres et de documentation numérisées).

 

Il est indéniable que le fonds d’archives papier présente une richesse et une densité documentaire exceptionnelles, puisque les deux directeurs de l’institut semblent avoir conservé tous les éléments écrits pouvant servir à renseigner et à témoigner de l’activité et de la structuration de l’Institut.

 

Le fonds d’archives papier de l’IMEB est l’un des fonds les plus importants du département de la musique. Il contient essentiellement les partitions de musiques mixtes et des documents administratifs. Ces derniers concernent principalement les correspondances avec les compositeurs, des échanges contractuels (copies de courriers postaux, télégrammes, fax, emails, etc.), des contrats de musiques réalisées au GMEB/IMEB, des contrats de commandes d’État ou de commandes régionales, des plannings d’occupation des studios, des formulaires d’inscription aux concours, des procès verbaux d’huissier, des notes de jury, des fiches concernant les lauréats aux concours, des dossiers de programmation aux festivals, des dossiers administratifs liés l’organisation et à la préparation des festivals,  les programmes journaliers des festivals et les documents de communication/publicitaire (flyers, affiches, revues de presse…), des programmes de diffusion des concerts et des tournées donnés en région, en France et à l’international. Le fonds contient aussi des dossiers concernant l’édition musicale (maquette de disques et de CD et les diffusions radiophoniques (maquette des CD), des cours pour les enseignants ou pour des stages amateurs, les documents d’organisation des colloques et symposiums (avec les épreuves des publications scientifiques), et de la documentation générale liée à des centres de musicologie ou de recherche électroacoustique à travers le monde… Des documents multimédias ou audiovisuels (disquettes, CD, DVD) se trouvent au milieu des dossiers papier.

 

Cependant, on observe dans le fonds présent au département de la musique plusieurs lacunes : il n’y a rien ou presque concernant les machines Gmebaphone et Gmebogosse, ou concernant les studios d’enregistrement (au-delà des plannings d’occupation). Ces archives existent et sont largement mises en avant dans les documents de synthèse fournis par les deux anciens directeurs, mais cette documentation singulière n’est pas (encore ?) présente au département de la musique. Une réunion avec le département de l’audiovisuel (et éventuellement les deux anciens directeurs) s’impose pour retrouver et étudier ces boîtes qui semblent présenter des enjeux scientifiques majeurs pour la suite.

 

3/ Inventaire et cotation des partitions de musiques mixtes :

 

- Finalisation du tableau d’inventaire des partitions avec Audrey Viault (chargé du traitement documentaire, direction des collections département de l’audiovisuel – BnF), Laurence Decobert (collections patrimoniales, département de la musique – BnF) et Catherine Vallet-Collot. Création des cotes avec Catherine Vallet-Collot.

- Inventaire de 320 partitions selon les modalités de catalogage de la BnF (fiche autorité-personne, notes de contenu, typologie des documents, etc.) et selon les besoins scientifiques des chercheurs du projet (mots clés, etc.). 

- Cotation et reconditionnement des partitions inventoriées.

- Premières observations scientifiques avec Geneviève Mathon, puis avec Martin Laliberté, Azadeh Nilchiani , Sylvain Samson, Grégoire Tosser et Florent Di Bartolo : un premier corpus d’étude d’une cinquantaine de partitions sur les 250 inventoriées et cotées a été constitué, afin de permettre aux chercheurs associés au projet Labex de travailler dès le mois de juin sur des œuvres porteuses d’un fort intérêt sur les arts trompeurs. 

 

L’IMEB avait opéré un premier inventaire et classement des partitions, classé par phonothèques et révélant une cohérence interne en adéquation avec le classement des capsules : A1 pour les musiques enregistrées dans les studios de l’IMEB, A2 pour les musiques finalistes et/ou lauréates aux Concours de Bourges, A3-1 et A3-2 pour les œuvres significatives envoyées par les compositeurs ayant participé au concours ou au festival Synthèse suite à un appel lancé en 2008, A4 pour les partitions issues de musiques présentées au Festival Synthèse, B pour les partitions des musiques n’ayant pas été numérisées et n’étant pas présentes dans les « capsules » (seule trace de ces compositions dans le fonds de l’IMEB). La dernière catégorie est celle des musiques non répertoriées (partitions issues de la bibliothèque interne de l’IMEB ou de la collection privée des directeurs, ou qui n’ont pas pu être listées par l’IMEB, faute de temps au moment de la fermeture et du déménagement de l’institut). 

 

Cependant, lors du transfert des partitions en 2011, le département de la musique a procédé à un premier tri de toutes les partitions, par ordre alphabétique et par format. L’inventaire actuel se fait donc par ordre de cotation des partitions, et non par phonothèque. Cependant, un travail de recherche sur chaque partition, dans les listes fournies par Barrière et Clozier, permet bien souvent de resituer la phonothèque d’origine, et donc de ré-établir les origines de la partition.

 

- 992 partitions de musiques mixtes correspondent aux musiques « extérieures » (non enregistrées dans les studios de l’IMEB), répertoriées dans les phonothèques A2, A3-1 et A3-2, A4. 

- 57 partitions de musiques mixtes correspondent aux musiques enregistrées dans les studios de Bourges, répertoriées en A1.

- 150 partitions de musiques mixtes correspondent aux musiques de la phonothèque B (correspondant aux musiques qui n’ont pas été numérisées pour consultation à la BnF).

- Un nombre indéterminé de partitions musicales se présente dans la catégorie non répertoriée : la liste de Barrière indique 102 partitions, mais en l’état, elles sont beaucoup plus nombreuses. Ce ne sont pas toujours des partitions de musiques mixtes : il peut s’agir ici de partitions de musiques exclusivement électroacoustiques ou exclusivement instrumentales.

 

Toutes les partitions issues des phonothèques A2, A3-1 et A3-2, A4 et certaines issues des listes B et non répertoriées ont été anonymisées (généralement issues des concours), rendant parfois très difficile l’identification des œuvres. Des recherches complémentaires extérieures sont donc bien souvent nécessaires à l’inventaire de chacune des partitions.

 

Le tableau d’inventaire se compose de 38 colonnes, dont 25 sont régulièrement utilisées (une réadaptation du tableau est en cours par Azadeh Nilchiani, Martin Laliberté et Geneviève Mathon, en accord avec Catherine Vallet-Collet et Florence Decobert, afin d’affiner les mots clés nécessaires aux chercheurs des Arts Trompeurs, tout en apportant davantage de correspondance avec les capsules). Des balises ont été mises en place par Laurence Decobert, afin de faciliter le futur catalogage, nécessitant de vérifier la présence des fiches autorité personne ou de titre de document dans le catalogue général de la BnF, et de récupérer dans le tableau les balises des notices bibliographiques et d’autorité en format INTERMARC, et de vérifier la présence de musiques numérisées (NUMAV). 1 colonne renseigne le format de la partition, donnée indispensable pour effectuer ensuite la cotation. 3 colonnes renseignent sur le contenu (ce qui permet de préciser le titre, les dates, la présentation physique, les langues, les pages techniques ou les notes d’intention qui complètent la partition, mais aussi un éventuel matériel d’accompagnement (des formulaires d’inscription, des correspondances avec Clozier ou Barrière, des textes ayant été une source d’inspiration de la composition, etc.). 3 autres colonnes renseignent la typologie et la nature du document : musique manuscrite ou imprimée, partition et/ou partie, musique mixte ou instrumentale ou électroacoustique…

 

12 colonnes étaient à destination seules des chercheurs (attention : certaines de ces colonnes devraient être affinées/modifiées en septembre 2015, grâce au travail fourni par Azadeh Nilchiani et l’équipe de musicologues des Arts Trompeurs) : ces colonnes indiquent le répertoire phonothèque et les numéros d’anonymisation (afin de faciliter le travail de recontextualisation des partitions au sein du Fonds IMEB et leurs spécificités de composition et de création). Des colonnes « mots clés » renseignent sur les caractéristiques de l’œuvre : voix, acoustique ou amplification, bande (bande magnétique ou CD), électronique, live électronique, sons générés par ordinateur, vidéo. Trois colonnes concernent la durée du morceau et le contexte de création et de diffusion à l’IMEB (année concours et/ou festival, nom du studio de composition). 

 

Une colonne « Remarques diverses » permet de décrire les particularités du morceau en lien avec les arts trompeurs (particularité musicale ou technique qui joue sur une gamme singulière d’émotion, de perception, voir d’illusion, jeu polyphonique dans un espace sonore, effet de « trompe l’oreille », projection visuelle ou installation multimédia associée à la création musicale, etc.), ou le caractère exceptionnel de la partition et/ou de l’œuvre (partition graphique, composition des directeurs de l’IMEB, recours à des instruments inventés ou des machines, expérimentation musicale avec des laboratoires de recherche en informatique, etc.).

 

La cotation s’effectue par ordre alphabétique, et en fonction du format de la partition, sous la forme « VM FONDS 27 IME-… (…) ».

- Pour les documents de format A3 : VM FONDS 27 IME-1 (1)

- Pour les documents de format 29x37 : VM FONDS 27 IME-2 (1)

- Pour les documents de format A4 : VM FONDS 27 IME-3 (1)

- Pour les documents au format supérieur au A3 : VM FONDS 27 IME-4 (1) 

- Pour les très grands formats (partition graphique, etc.) : VM PLAN (…)

 

REMARQUE : au 30 juin 2015, « seulement » 320 partitions ont été inventoriées et cotées sur 1300 : les partitions ne présentent qu’environ 10% du fonds d’archives papier = en 3 mois de travail, seulement 2% du fonds d’archives ont pu être inventoriés et cotés… Néanmoins, j’ai pu commencer en juin un travail en commun avec Fabienne Fantola (département de la musique), qui a poursuivi la cotation et entamé le catalogage de l’ensemble des partitions. 

 

4/ Mise en place d’une étude spécifique sur le concours et les œuvres primées, avec Geneviève Mathon et Florent Di Bartolo :

 

- Dépouillement des boîtes du concours (1973-1983) afin de référencer les différentes catégories du concours, les candidats, les œuvres et les lauréats (prix et mentions), les formulaires d’inscription présentant les notes d’intention techniques et artistiques des œuvres et les biographies des compositeurs, les articles de presse, les diffusions radio, etc. 

 

Nous avons ainsi chercher à établir un premier corpus de travail autour des œuvres primées en lien direct avec les arts trompeurs, ce qui permettrait par la même occasion, grâce au travail de visualisation des données initié par Florent Di Bartolo, de présenter un panorama caractéristique de la création musicale électroacoustique sur près de 40 ans.

  

5/ Transmission du protocole méthodologique à Azadeh Nilchiani (ingénieur d’études sur le fonds de septembre à décembre 2015, doctorante faisant partie du projet des arts trompeurs)

 

Dernières tâches effectuées lors de la transition avec Azadeh Nilchiani : 

- Conception de nouvelles colonnes et de nouveaux mots clés avec l’équipe de chercheurs/musicologues des Arts Trompeurs (notamment Martin Laliberté et Geneviève Mathon) 

- Premier repérage des affiches et des programmes, dont les visuels reposent pour plusieurs d’entre eux sur les machines.

 

V. Synthèse scientifique personnelle au sein du projet « les arts trompeurs. Machines. Magie. Médias »

 

J’étudie depuis le début de ma recherche universitaire la cohérence des effets qui ressort de l’hybridation des images mélangeant prises de vues réelles et animation traditionnelle ou infographique. La musique mixte pose les mêmes questions de cohérence entre le réel de la performance live et la confrontation aux technologies électroniques et numériques de la musique purement électroacoustique. 

Le traitement et le début de valorisation des partitions de musiques mixtes, mais aussi le travail mené sur les œuvres sélectionnées et primées aux Concours (notamment avec Geneviève Mathon, Martin Laliberté et Florent Di Bartolo) m’ont permis de mieux appréhender les passages entre le mode magique et sa banalisation dans le cadre de la musique expérimentale créée ou présentée à Bourges. Cette première exploration a été construite par l’observation et l’analyse du saut qualificatif entre le mode d’interprétation et le mode de perception de la musique et des sons de la musique mixte, mêlant musique traditionnelle instrumentale et musique électroacoustique ou acousmatique. 

Ce modèle hybride, paradoxal, repose simultanément sur la performance et sur l’illusion de la performance, confondant l’entendement du spectateur. L’une des fonctions premières de la musique, comme l’illustre la récurrence de la technique reponsoriale dans son histoire, est de jouer sur un dérèglement des sens regard et écoute par une spatialisation sonore (à l’instar des Gabrielli à Venise à la Renaissance, par exemple), et les compositeurs ont toujours cherché à produire des effets différents sur l’auditeur/spectateur. L’arrivée des technologies électroniques et numériques a instauré un saut qualitatif dans l’histoire de la musique puisqu’elle a permis de rompre le rapport direct visuel/sonore instauré par la musique instrumentale. 

Puisque la musique électroacoutique est une musique qui excède ce que voit et comprend le spectateur/auditeur de la musique jouée en face (ou autour) de lui, on observe néanmoins une forme de cohérence de la musique mixte grâce à sa part instrumentale. Cette cohérence permet aux compositeurs électroacousticiens de (re)créer un lien direct entre le spectateur et la musique – il voit ce qu’il entend, tout en étant surpris par la part imprévisible de l’électroacoustique. 

Cette catégorie musicale tend donc à une forme d’extra-ordinaire d’une musique qui revient par ce biais à ses fonctions primordiales archétypales : celles de surprendre l’auditeur/spectateur.

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