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Radio Dehors : 24h de phonographie du monde

Cet événement international de recherche création s’inscrit dans les objectifs de la chaire de recherche du Canada en dramaturgie sonore au théâtre à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Depuis 2010, dans une volonté interdisciplinaire et intermédiale, nous tentons d’attribuer au son un espace scénique qui s’autonomise de l’action dramatique et déborde des limites du plateau. Cette émancipation nous permet de redéfinir la dramaturgie sonore : elle désigne ici une pratique d’écriture mouvante qui laisse entendre les qualités propres au son, et suscite des collaborations entre les formes et les démarches artistiques, confrontant les participants à des processus incertains et à des figures inouïes.

Dans les faits, notre approche de la dramaturgie sonore consiste à sortir du lieu théâtre pour délocaliser notre écoute et lui révéler un monde sonore plus imprévisible, plus événementiel. Cette exploration sonore in situ peut se comprendre comme une expérimentation en mouvement de l’espace public (Behrendt 2015) au cours de laquelle l’artiste à l’écoute se déplace avec son sujet et crée la forme dans le déplacement (aller sur place, suivre l’autre, enregistrer, monter, transmettre).

Pour donner corps et partager ce « geste d’incitation à la rencontre avec la musicalité des sons du monde » (Ripault, 2007), l’événement Radio dehors : 24h de phonographie du monde associera deux pratiques émergentes en connivence : La phonographie et la web radio.

 

La phonographie se rapproche d’un côté, du field recording dans le sens où elle laisse à l’environnement sonore le soin de s’inscrire sur le support d’enregistrement, de l’autre, elle s’intéresse à la perception du preneur de son, à son expérience, à son savoir écouter plus qu’à un savoir-faire (Ripault, 2007). En ce sens, si le phonographiste s’intéresse à l’écologie sonore, au contraire du documentariste, il considère son affection devant les sons qu’il capte et replace la faillibilité du sujet au centre de l’événement sonore (temps d’errance, défaillance de la technologie, défauts de manipulation, commentaires inopinés...). Ce que revendique Chris Delaurenti quand il écrit « As a phonographer, I seek to liberate the forbidden elements of field recording » (Delaurenti, 2005).

Le territoire du phonographiste est vaste et pluriel : il témoigne d’une construction réciproque du monde et du « promeneur écoutant » (Chion, 1993). Une mobilité sonore qui correspond à la fois à une spontanéité « du voyage à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l'espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques, les fichiers numériques et instruments de musique » (Chapman, 2013; www.mobilities.ca) et à un récit de la mobilité tel que pratiqué par le laboratoire sur les récits du soi mobile de l’Université de Montréal (www.lrsm.ca).

Un engagement dramaturgique dans un territoire géographique et sonore qui implique une modulation de notre écoute, un renouvellement de nos gestes de création et une transformation des esthétiques sonores.

 

C’est à partir de la web radio que nous restituerons le geste phonographiste. Un médium devenu lui-même une interface toujours plus mobile, capable de relier autant les natures

que les cultures sonores du monde. La web radio alimente directement la qualité intermédiale et collaborative du son. En plus de partager l’écoute radiophonique, l’auditeur accède à des images, des échanges en direct, du texte... autant d’interactivités qui fait de la web radio un espace d’expérimentation et d’intermédiation. Enfin, au potentiel d’exploration s’associe une libération des conditions de réception chez l’auditeur. Andrea Cohen relève qu’avec la radio sur internet, il n’y a plus nécessairement de corrélation entre le moment de diffusion et celui de l’écoute (Cohen, 2015).

Étalée sur 24 heures pour vivre et entendre le décalage entre les différents pays, cette diffusion web-radiophonique émise depuis Chicoutimi constituera alors un trajet sonore accessible à la fois de manière linéaire et collective (malgré le décalage horaire, un grand nombre d’auditeurs écoutent au même moment) et de manière discontinue (en ballado diffusion) et autonome.

 

Ainsi pour faire se côtoyer, sur les ondes et sur le web, la diversité de ce savoir-écouter à travers le monde, nous ferons appel à des recherches-créations dont le principe premier consistera en une exploration de la dramaturgie sonore basée sur l’environnement, la technologie mobile et l’expérience des corps.

 

 

Pour participer à cet événement, votre proposition devra répondre à certaines contraintes :

  • Être une œuvre originale qui se confronte à la notion de dramaturgie sonore ;
  • Se concevoir hors du studio et à partir d’une expérience in situ, qui peut être dans un lieu fermé ou en extérieur ;
  • Considérer la spécificité de l’espace web radiophonique ;
  • Se limiter à une durée déterminée : de 1mn à 30mn ;
  • Être en direct ou enregistrée (cependant si l’œuvre est en direct il faut s’assurer de sa faisabilité au moment de la diffusion ou prévoir une proposition de secours).

 

Sur le plan du contenu, votre proposition pourra explorer les principes de phonographie et de dramaturgie sonore à travers :
  • Le théâtre ;
  • La performance ;
  • La poésie ;
  • Le documentaire fiction ;
  • Une mini-série (avec une durée très limitée par épisode) ;
  • La musique (concert, répétition, improvisation...) ;
  • Le reportage ;
  • L’entretien.

Le rapport au texte et à la langue est bien sûr à considérer dans un projet sonore. Cependant si le propos littéraire s’avère central dans la compréhension de la création sonore une traduction devra être diffusée sur le site.
 
Cette proposition s’adresse autant aux chercheurs (professeurs, étudiants) qu’aux artistes. En fonction de la proposition, un modeste budget pourra être alloué pour des dépenses, sachant que nous ne donnons pas de cachet pour cet événement. Les participants de différents pays se verront attribuer 30mn d’intervention réparties ou en une seule fois sur 24h
 
 
 

ÉCHÉANCIER:

  • 15 avril 2017 : Envoi de votre proposition (environ 300 mots) + une biographie (100 mots) à l’adresse suivante : Dramaturgie_sonore@uqac.ca
  • Début mai : Sélection des propositions par un comité.
  • Mi-août : Remise des enregistrements et/ou mise au point pour les projets en direct
  • Fin septembre: Pré-programmation (il est prévu que chaque création soit précédée d’une courte entrevue avec le ou les artistes)
  • 13 au 14 octobre : Diffusion de l’événement à Chicoutimi (Québec-Canada)

Ce projet est soutenu par l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et la Chaire de recherche du Canada en dramaturgie sonore au théâtre.

 

Au plaisir de recevoir votre proposition,

 

Le comité scientifique : Frédéric Dallaire, Julien Éclancher, Jean-Paul Quéinnec, Diego Santamaria, Guillaume Thibert

 

 

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